La série de textes Prière du phare est une série de textes (oui…) spécifiquement rédigée en prose, dans une forme plus longue que les vers libres auxquels j’ai coutume de donner corps.
Cette forme d’écriture s’inspire de mes lectures d’alors des textes de Jim Morrison dans leur version bilingue (Arden lointain, Wilderness, Seigneurs et nouvelles créatures, Une Prière américaine).
Outre cette inspiration stylistique, mes Prière du Phare délivrent en filigrane et sans en faire des tonnes mon attachement profond à la Bretagne, à ses terres, ses roches, sa culture, ses contes et légendes. J’y verse mon affection poétique, romantique et architecturale pour les phares, et cherche un semblant de secours ou le refuge idéalisé par le biais de l’appel du large.
Pour le poète, la mer est une parenthèse inépuisable. Car la mer ce n’est pas la mer, c’est la moitié du ciel ( la moitié du ciel représente aussi les femmes), c’est l’horizon donc l’infini, donc l’intarissable, l’histoire sans fin, c’est la perte et la découverte, c’est l’oubli et le miracle, c’est une force inégalée communiquée à l’homme, que peut-être certains trouvent dans les hauteurs, au sommet des montagnes.
Mes Prière du Phare résonnent comme le son du désir échu, déçu, contemplé, inassouvi, poursuivi, les illusions, la création comme la perte du rêve, le désespoir qui n’est jamais vain ou la cause qui n’est jamais perdue.
Comme un chalutier drague ses fonds, il va sans dire que cette série retrace des histoires d’amour, toutes singulières, entremêlées ou indépendantes, concomitantes ou espacées de quelques mois voire des années, des histoires charnelles, littéraires ou sentimentales.
Comme il n’y a pas de mer sans phare, il ne peut y avoir d’amour sans histoires – et vice versa.

