Mon paradis et mon tourment
Mon heure-miel au goût amer
Mon impondérable.
Bleu et vert font jaune
Voilà pourquoiextrait de L’astrolabe de la mer, Chams Nadir, 1980
Sens-tu
la pesanteur avide
suspendue agitée
à tes lèvres sous l'emprise
d'une force parfumée
où fredonne l'insolite
bourdonnement du vice
acrobates olfactifs
des effluves virides
des printemps incendiés
d'un calame qui fume
coule un fleuve argenté
charon a fait sonner
la mort de l'ennui
palpitant sur ses rives
semis efflorescent
comme si le paradis
médusé fugitif
eut fini par trouver
sa place sur la terre ferme
mouillée par ta bouche fine
embaumée qui rougit
d'un désir naïf
glorieux et incarné
au goût d'orgueil bistre
le souffre devient sucré
où la saveur ardente
s'enfleure et se butine
Sens-tu le souffle bleu
grondant sous ta poitrine
l'amour se félicite
te couvrant de baisers
spiritelli d'amore
tumultueux raffinés
ont soif d'indiscipline.
Poème d’une illustre inconnue, Madame de Sève ignée
