Ostie et vanité

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Prends, l’enfant, ceci est mon ventre, mon eau, mon sang, abreuve-toi jusqu’à plus soif auprès de ta protectrice et ta nourricière

Prends, l’amant, ceci est ma chair, la volupté-mère, la tentation du serpent, la morsure du feu, la source généreuse et velléitaire

Prends, l’artiste, ceci est ma verve, sans originalité ni caractère, arrache donc ma langue brute du commun des mortels sans brutalité, et fais-en la plus belle des matières : crée !

et que je disparaisse derrière tout poète,

et que toi l’enfant, toi l’amant, toi l’artiste me libériez enfin de ces vanités,

et que mon absence rende grâce à toi, qui m’as fait exister, sans hostilité.

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